Tendances

TENDANCES AUTOMNE HIVER 2015

septembre 2015

TENDANCES AUTOMNE HIVER 2015

La nouvelle collection Roche Bobois dévoilée par Nicolas Roche, Directeur Artistique de la Marque.

Le thème de l’« expérience » entre en résonance avec une grande partie de la nouvelle collection Roche Bobois...

Nicolas Roche : Cette thématique exprime en effet la tendance graphique de la collection. Quand on présente des pièces comme les bibliothèques Helis de Philippe Bouix, ou Pollen de Sacha Lakic, on veut provoquer des sensations visuelles.

Helis a été conçue pour surprendre et interpeller. A première vue elle a quelque chose d'étrange comme si elle sortait du mur ; on a besoin de comprendre ce quelque chose de pas tout à fait normal. De même avec la table Suspens de Cédric Ragot, on raconte une histoire de tension : la surprise vient des pieds qui semblent vouloir s'échapper vers l'extérieur, mais aussi de la finesse du plateau. Mais on pourrait dire la même chose du meuble Booleanos, dont la silhouette est apparemment déséquilibrée. Ou des meubles Rosace, recouverts d'un tissu en relief : là, on a une matière vibrante, sensuelle au toucher, dont les effets changent avec la lumière.

L'expérience, c'est ça chez Roche Bobois : créer la surprise, provoquer des sensations, instaurer un dialogue avec le visiteur.

Quelles sont les autres grandes tendances de cette collection ?

Nicolas Roche : Le confort, primordial depuis toujours chez Roche Bobois, mais dans sa version moderne. Aujourd'hui on veut « voir » le confort : au premier coup d'œil ce canapé doit me donner envie de m'y asseoir. Octet par exemple de Roberto Tapinassi et Maurizio Manzoni c'est un énorme oreiller. Et au-delà de l'ergonomie, il y a le confort d'usage. On ne s'installe plus sur un canapé uniquement pour regarder la télé, on y lit et travaille avec sa tablette ou son ordinateur. Il devient multifonction. Enfin il y a une tendance que j'appelle « fifty /fifty » : à la fois une inspiration années 1950 mais avec une écriture très actuelle. C'est le cas de Tempus, un fauteuil du jeune designer Simon Reynaud ou de la salle à manger Liéto de Roberto Tapinassi et Maurizio Manzoni.

Cette nouvelle collection présente aussi beaucoup de pièces dessinées par Cédric Ragot récemment disparu. Il semble qu’avec lui, la collaboration était vraiment exemplaire ?

Nicolas Roche : Au-delà de notre relation personnelle, j'ai perdu un interlocuteur quotidien. Je l'avais vraiment choisi pour faire bouger les lignes, pour apporter un souffle nouveau dans nos collections et dans notre réseau. En dix ans, c'est avec Cédric que j'ai fait le plus grand nombre de pièces, près de 50 : assises, tables, tables basses, canapés, luminaires, tapis, vases… il y avait toujours des nouveaux projets en voie de développement. Il était d'une créativité débordante, mais s'interrogeait toujours sur le fond de ce qu'il faisait. Discuter avec lui pouvait être sportif, il fallait lui expliquer que tout ne marcherait pas, et nous nous sommes trompés plus d'une fois. Mais sur la durée, il y a un fil conducteur qui tient à la nature de ses créations qui était de remettre en cause un certain nombre de choses sans que cela devienne un tic stylistique. Sa créativité, c'était de l'intelligence.

Cédric était aussi extrêmement vigilant sur la faisabilité technique des objets qu'il me proposait et s’intéressait de très près à leur fabrication. Il voulait comprendre la céramique ou l'injection (comme pour la chaise Loop). Et effectivement il y a de très belles pièces signées de lui dans cette collection comme la table Suspens ou les luminaires Nonette.

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